• (+86)188 222 660 53

  • contact@famesbeninchine.org

  • 1010 Avenue, Dalian, Chine

A PROPOS DE Mahloukou ARINLOYE

Mahloukou Kingnidé ARINLOYE à l'état civil, il est connu par ses fans sous le nom de Lawey Mc. Résident en Chine depuis 2011, il est étudiant en Master II d'économie et commerce international. Dramaturge et promoteur d’art et culture, il est originaire de Sakété dans le plateau du BÉNIN.

Pourquoi Lawey Mc ?

Le nom "LAWEY” m’a été attribué depuis le collège suite à une pièce théâtrale dans laquelle j’avais joué le rôle de LAWEY ; un jeune escroc, une sorte de Robin des bois. Depuis lors, c’est devenu mon nom de scène et aussi mon blaze de rappeur puisque je faisais également parti d’un groupe de musique urbaine ( Fa #) à l’époque. Et même mes camarades ont presque tous oublié mon vrai nom.

Très intéressant. Dites-nous ; être étudiant et promoteur d’art et culture ça doit être débordant non ?

Débordant, oui. Pas moins d’une fois je me suis dit qu’il est temps de choisir entre me concentrer exclusivement sur mes recherches et rentrer me concentrer sur ce que je crois savoir faire le mieux. L’incapacité à prendre une décision, nous a d’ailleurs coûté mon groupe et moi, quatre éditions de notre festival OTC ; du fait que presque tous vivons à l’étranger aujourd’hui. La promotion de jeunes talents dans notre pays ayant toujours été notre défi, nous avons décidé de nous revoir cet été afin de relancer encore plus grandement notre festival mais cette fois sur le plan national.

Décider de braver un domaine comme l'art et la culture c'est forcément audacieux. Pouvez-vous nous dire que fût votre motivation ?

Disons que je me voyais comme un talent depuis mon très jeune âge. Le même jour de mon inscription au collège j’ai découvert cette troupe théâtrale ; c’était la plus appréciée de notre cité à l’époque. Tout élève rêvait de s’y inscrire une fois au collège. Je les aperçus dans cette salle de classe où ils faisaient leur répétition. Je me précipitai et restai les observer à travers les fenêtres. Je chantais toutes leurs chansons et plus fort à chaque reprise. Tous leurs sons étaient très populaires. Le responsable m’ayant aperçu, m’invita d’un signe de la main à entrer. Voilà comment je fis mon entrée dans le monde de l’art et culture. Le responsable c’était Bienvenu ADANDE.

Un signe de la main qui fût certainement un déclic..quel est à la date d'aujourd'hui votre parcours dans cette noble aventure ?

Je répondrai “grandiose”. Je me vois très différent aujourd’hui ; je veux dire mieux que je me verrais si je n'avais pas choisi ce chemin. J’ai connu des acteurs des plus importants des arts et cultures du Bénin et je m’en suis fait pas mal d’amis. J’ai connus Mathieu KOKO à son festival (festacop) où ma pièce le "Tam-tam sacré" a remporté le deuxième prix de meilleur spectacle. J’ai connu Urbain Gouton administrateur de l’Espace Cauris Art nous sommes devenus très amis, et avec lui j’avais travaillé sur beaucoup de pièces théâtrales. J’ai connu Jude Zoumenou le Directeur du festival international de la marionnette TeNi TeDji et nous sommes toujours amis. J’ai pris part à deux éditions du festival Kaletas de l’atelier Orisha présidé par Orden Aladatin à l’époque. Beaucoup de jeunes artistes d’aujourd’hui ont pris par mon festival OTC. Même si la situation au pays ne favorise pas leur lancement, je les vois toujours comme une grande fierté et mon groupe et moi prévoyons de leur rendre visite bientôt et voir ensemble ce qu’on peut faire pour que ces talents ne périssent.

Un parcours pas moins séduisant ! Festival OTC, qu'est-ce que c'est ?

Le festival OTC au début était appelé OTC NIGHT SHOW. Il se tenait à Sakété dans le département du plateau. Le nom OTC n’était donné que pour honorer l’espace où se tenait ce festival. Le bar OTC nous offrait entièrement son espace tous les 1er et 2 janvier. OTC avait pour objectif, la promotion de jeunes talents du plateau dans tout domaine culture que ce soit (musique, chorégraphie, sketch, podium rap, miss et mister...). Les meilleurs participants partaient avec des trophées et enveloppes d’encouragement.

Le festival OTC continue-t-il toujours d'exister ?

Difficile à dire. Puisque les dernières éditions n’ont pas été à la hauteur espérée. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons créé le groupe OriArC qui lui aussi a pour objectif primordial la promotion des art et culture, la promotion et prise en charge de jeunes talents au Bénin. Le groupe OriArC fût créé en juillet 2016 et est composé de jeunes artistes et comédiens béninois. L’organisation d’un festival est en vue pour cet été. Un festival qui cette fois sera national et dont les meilleurs participants seront non seulement honorés de trophées, mais aussi suivis et pris en charge par notre organisation.

Très noble comme ambition ! Comment arrivez vous donc à financer vos activités ?

Parlant de financement, rien ne tue le talent béninois si ce n’est son manque. Disons que nous faisions avec les moyens que nous avions. Nous étions encore un peu jeunes lorsque nous avions eu l’idée de notre premier festival. Certains parmi nous ont leurs parents plus intéressés à la chose culturelle que d’autres. Nos parents étaient donc devenus en quelque sorte nos sponsors premiers ; même si ce n’était pas grand support. Nous avons eu quelques sponsors locaux mais le plus grand financement venait de nos efforts personnels. Les jeunes talents qui sont passés par notre festival ne seraient pas moins connus aujourd’hui s’il y avait un financement de taille.

Vous disiez plus haut que la situation dans notre pays le Bénin, ne favorise pas l'élan des jeunes artistes. Feriez-vous référence à une expérience personnelle ?

J’avais aussi dit plus haut que plus jeune je me voyais comme un talent. J’appartenais à un groupe de musique urbaine. Nous passions toutes nos heures libres au studio. Nous faisions le tour Sakété Pobé pas moins de trois fois par semaine c’est là où se trouvait le Studio CefpaV. C’était le studio le moins coûteux à l’époque, nous étions le groupe favoris de tous les collèges de la cité.

J’ai connu le groupe Omores. C’était nos aînés en musique et quand je vous dis qu’ils étaient faits pour la musique, c’est parce que c’est vrai. Ils ont malheureusement le placard plein d’albums. Ce groupe n’a pu aller loin ; faute à qui ? Il n’ont pas eu le soutien qu’il leur fallait. Ce n’était qu’à titre d’exemple.

Mon groupe a plus souvent été invité lors des journées récréatives dans les collèges, ce qui nous a permis de faire des connaissances de jeunes artistes comme nous. J’ai aussi travaillé comme metteur en scène avec beaucoup de groupes de jeunes collégiens.

Attention! J’ai rencontré des jeunes dont j’imagine leur carrière si c’était dans un pays où le talent avait de la valeur. Beaucoup de festivals de promotion d’art et culture n’ont pas pu aller à terme de leur objectif pour une simple raison:le manque de soutien du gouvernement. Je vous prie de bien vouloir cherchez FITHEB (festival international du théâtre du Bénin) sur YouTube. Un festival international dit-on mais aucune image digne de représenter la créativité artistique du Bénin à l’international. Le cinéma au Bénin, aucune importance de vous rappeler ce qu’il en est.

Les artistes même connus ne valent pas grande chose. je veux pas citer de noms mais j’ai honte d’apprendre qu’une star de la musique béninoise se fait incarcérer pour (200mille fcfa) une affaire de location de voiture. Le Bénin favorise t-il l’élan des jeunes artistes ? Favorise t-il d’abord la vie au artistes connus ? J’en ai vu qui demandaient de l’aide sur les réseaux sociaux pour leurs soins médicaux. Le Bénin favorise t-il l’élan des jeunes artistes? La réponse a toutes ces interrogations est malheureusement NON !

Que recommandez vous pour remédier à cet état de chose ?

La promotion de la culture étant l’un des projets phares du programme d’action du gouvernement, je crois qu’à beaucoup d’attentes réponse y est. J’espère néanmoins que les jeunes artistes béninois de tous les domaines comprennent qu’en 2018, il n’est plus trop question d’attendre une quelconque aide. Avec les TICS, ils peuvent se faire connaître sans devoir passer par quiconque. Stromae ne s’était armé que d’un compte YouTube et le voici superstar aujourd’hui. Le roi de l’AfroTrap MHD ne s’est servi que de YouTube pour se faire connaître au monde. Je souhaite que ce projet pour la promotion de la culture ne devienne un mythe comme on en a l’habitude. J’ai écouté le Ministre Béninois de la culture, M. Oswald HOMEKY se prononcer sur la promotion de la culture et j’ai eu l’impression que tout va s’améliorer, et je veux croire que je ne me trompe pas.

Vivement que tout s'améliore. Artiste, dramaturge, auteur de plusieurs pièces théâtrales, dites nous quelle est votre source d'inspiration ?

Je suis un amoureux d’histoires africaines. J’aime lire et j’aime écouter, j’aime raconter la beauté de la nature d’Afrique, j’aime parler de la royauté, de la force naturel de l’homme africain. J’aime raconter la beauté l’élégance et la souplesse de la femme noire. J’aime m’asseoir auprès des vieillards puisque l'on apprend plus qu’on l'imagine. En milieu Yoruba, les vieillards font asseoir plus souvent rien que pour raconter leurs vécus. Prêtez leur une petite oreille et devenez une petite bibliothèque ambulante (rire). Même la vielle musique Yoruba peut être tout un roman de nos jours.

Quel est donc votre prochain challenge ?

Faire naître une maison de production. Ceci a toujours été mon rêve depuis que j’ai vu ces talents périr malgré leur capacité d’épater le monde.

Beaucoup de courage ! Un message à l'endroit des collègues et jeunes artistes ?

A l’endroit des jeunes acteurs des art et culture je répéterai ce que j’ai l’habitude de dire. Qu’ils ne cessent de faire ce qu’ils savent faire le mieux. Qu’ils se donnent les mains les uns aux autres puisque qu’on n’est sûr de bien faire que lorsque l’on a quelqu’un de confiance à ses côtés.

Nous sommes au terme de notre entretien. Un mot de fin ?

Je tiens sincèrement à vous remercier cher ami pour cet honneur, je remercie également tout le bureau et membre de la FAMES. Je tiens également à dire à toute béninoise à tout béninois de la diaspora : Valorisons notre culture partout où l’on passe et soyons en fier. “Quand on oublie son tertre, tout tertre où l’on se hisse croule” dixit un écrivain béninois. Fait en Chine, le 02 Avril 2018, Pour la rédaction, Ulrich Kpanou